Actualités

Interview de Laurent Galandon par les 5eE à la médiathèque de Vienne.

Par ALEXANDRA MILLON, publié le lundi 20 avril 2026 15:46 - Mis à jour le mardi 21 avril 2026 07:53

Dans le cadre de leur participation au prix Alizée, les élèves de 5eE du collège George Brassens ont visité la médiathèque de Vienne le vendredi 13 mars. A cette occasion, ils ont pu rencontrer et interviewer Laurent Galandon, le scénariste de la bande dessinée Retour à Tomioka.

 Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir écrivain ?

Pour commencer, je ne suis pas écrivain. Je suis raconteur d'histoires. Tous les enfants sont raconteurs d'histoires, jouer aux Légos ou aux Playmobils c'est raconter des histoires.

A l'adolescence, je ne pouvais plus jouer aux Playmobils, c'était un peu la honte alors j'ai commencé à raconter des histoires d'une autre manière.

Je vais vous dire quelque chose qui ne plaira pas aux autres écrivains : nous sommes tous des pilleurs d'histoires. Je m'inspire d'histoires réelles, de films à la télévision, de documentaires pour écrire. 

C'est comme en cuisine, on achète tous les mêmes ingrédients : des pommes de terres, des navets et des carottes et avec on peut inventer de nouvelles recettes : des soupes, des salades, des gratins... 

Quand avez-vous commencé à écrire des livres ?

J'ai commencé à écrire des livres à l'âge de vingt ans.

Avez-vous écrit d’autres livres ?

J'ai écrit cinquante-deux livres, dont Les innocents coupables, L'enfant maudit. Certains ont bien marché comme Retour à Tomioka, d'autres moins, mais j'ignore pourquoi.

Vivez-vous de la vente de ses livres ?

Oui, je vis de la vente de mes livres mais c'est assez incertain. 

Sur un livre à vingt euros, je gagne entre un ou deux euros. Mais ma maison d'édition me fait une avance (pour Retour à Tomioka, j'ai reçu 7000 € et le dessinateur 15000 €).

Pour compléter mon salaire, je vais dans des festivals ou des écoles pour rencontrer des élèves comme vous.

Êtes-vous déjà allé au Japon ?

J'y ai passé deux semaines après avoir écrit Retour à Tomioka.

Pensez-vous écrire une suite à ce livre ?

Je ne pense pas à une suite pour Retour à Tomioka. Les personnages ont accompli ce qu'ils avaient à faire et une suite n'aurait pas de sens.

Qui travaille sur une bande dessinée ?

Les personnes qui travaillent sur une bande dessinée sont un scénariste, un dessinateur et un coloriste.

Donnez-vous carte blanche aux illustrateurs ?

Je ne suis pas exigeant sur ce que font les illustrateurs car je n'y connais pas grand chose mais il arrive que je revois les premières esquisses.

Pour Les innocents coupables, je voulais des personnages avec des caractéristiques particulières car ils étaient tous habillés et coiffés de manière identique : il fallait que le lecteur puisse les différencier. J'ai donc donné plus de contraintes au dessinateur.

Vous a-t-on déjà découragé d’écrire ?

Non, je n'ai jamais été découragé par qui que ce soit mais je me suis parfois posé des questions, j'ai hésité à arrêter d'écrire.

En combien de temps écrivez-vous un livre ?

En général, j'écris un livre en minimum deux ans, mais cela peut aussi prendre trois ou quatre ans.

Les personnages ont-ils vraiment existé ?

Le seul personnage réel est Natsuao qui a été inspiré par un homme qui s'appelle Naoto Mustsumara dans la vraie vie. C'est un survivant de la catastrophe de Fukushima. Il est resté vivre avec ses animaux malgré la radioactivité. C'est un grand homme qui parle très peu.

A l’origine je voulais écrire un livre sur lui, mais il en existe déjà un alors j'ai préféré en faire un personnage secondaire de mon histoire.

Comptez-vous faire un film de cette histoire ?

Oui, je pense sortir un film d'animation fin 2028 ou début 2029. J'ai fait la BD en attendant que le film soit prêt. Vous pouvez regardez la bande annonce sur Youtube, elle dure trente secondes.